samedi 24 juin 2017

Mon projet d'écriture

Mon roman, où l'art de procrastiner


J'ai créé ce blog pour parler d'écriture et de lecture, pour rencontrer des personnes ayant les mêmes passions que moi, pour me motiver à avancer dans mon projet de roman... et je me rends compte que je n'ai pas encore parlé de ce fameux projet !
L'idée est venue d'une petite scène, écrite sous le coup d'une inspiration subite et qui est devenue depuis la scène d'introduction d'une histoire beaucoup plus vaste : le voile des songes. En réalité, elle fait suite à un autre bout d'histoire que j'avais écrit et montré à une amie. Elle avait aimé, mais préférait les récits plus actuels, dans un style plus moderne. De là sont nés Érika (prénom susceptible de changer. D'ailleurs, si vous avez des idées sympas, je suis toute ouïe) et Lucas, deux bannisteurs (membres de la BAN, la Brigade d'Action Nocturne), qui sont chargés d'éliminer les Ombres qui surgissent la nuit, au coucher du soleil. Ces Ombres, monstres imaginaires devenus réels, on ne sait ni d'où elles viennent, ni comment elles sont arrivées là. Un jour, une faille s'est ouverte et elles ont déferlé sur terre, décimant la race humaine et obligeant les hommes à se barricader la nuit pour ne pas se faire tuer. L'histoire se passe dans un futur plus ou moins proche. Toute ressemblance avec des lieux ou des personnages existants serait purement fortuite ;-)
Je n'en dirais pas plus pour le moment. Vous avez compris qu'il s'agit d'un roman d'urban fantasy. Il y aura aussi de la romance, et du mystère je l'espère. Quant aux monstres, rien de bien original : des zombies, des vampires, des loups-garous. Mais attention, ils ont une raison d'être. Ils ne sont pas là par hasard...

J'ai un plan plus ou moins bien établi dans ma tête, mais le problème, c'est que je n'arrive pas à me motiver pour avancer comme je le voudrais. Chaque fois que je me mets devant mon ordi pour écrire, je trouve autre chose de plus urgent à faire. En ce moment, je suis en train d'écrire une scène essentielle et qui me plaît vraiment. Pourtant, même là, c'est une torture, une souffrance à écrire. Je ne sais pas pourquoi... J'espère que ce phénomène va vite passer. Si ça vous arrive aussi et que vous avez des trucs pour passer outre, dites-moi parce que c'est très frustrant !

Allez, pour vous faire patienter, je partage avec vous les quelques lignes qui ont précédé la naissance de cette histoire (mais qui, je l'avoue, n'ont plus rien à voir avec l'histoire actuelle. Il n'y a qu'une idée commune qui les rassemble, et ça, je ne vous dirai pas ce que c'est, à vous de deviner...) : 

Larmes de sang


Un fin croissant de lune peinait à éclairer les rues du village. Sous la pluie battante, Ael titubait sur les pavés glissants. La dernière taverne venait de le mettre dehors après qu'il eut dépensé ses ultimes piécettes. Pestant contre le sort, il criait à qui voulait l'entendre que personne n'avait le droit de le traiter de la sorte, et que la bière servie ne valait pas son prix. Mais nul ne répondait car à cette heure tardive, le bon peuple de Lintsal dormait. Et les autres se terraient sans doute, à l'abri du déluge. 
Du haut de la cathédrale, la créature guettait. Ses griffes ancrées dans la pierre, elle observait l'homme qui zigzaguait sur la chaussée. La faim la tenaillait, il y avait trop longtemps qu'elle ne s'était pas nourrie. Sur elle aussi les cieux se déchaînaient. L'eau ruisselait sur ses ailes déployées et sur ses cheveux, pour finir par rouler sur son cou gracile. Elle n'en avait cure. Seul l'être en contrebas occupait ses pensées. Des siècles avaient passé mais ce désir l'accompagnait toujours. Et le dégoût avec lui. 
Alors, elle s'élança dans les airs, ses ailes voilant en instant la pâle lueur céleste, pour atterrir à quelques pas du malchanceux. Le rideau de pluie semblait les isoler du reste du monde. De fait, pour la créature, rien n'existait que la vie qui coulait à flot dans le corps de cet homme. Il continuait à jurer, fouillant dans ses poches à la recherche d'une pièce salvatrice, inconscient du danger qui se dressait devant lui. Il finit par lever les yeux cependant, sentant une présence lui bloquer le passage.
Les mots d'injure restèrent bloqués dans sa gorge et il tomba à genoux, tremblant. 
«Est-ce que... Je n'ai rien fait. Je ne... Pardonnez-moi...»
La créature ne dit rien, approchant seulement ses doigts griffus du cou fragile, repoussant les cheveux sales pour exposer la peau fine de sa gorge. L'homme se signa à plusieurs reprises mais ne se défendit pas, sachant que rien ne pourrait le sauver de cette vision. Était-ce l'alcool qui lui jouait des tours ? Non. Une certitude plus profonde qu'aucune autre le lui souffla. Ce qu'il avait devant lui était réel, terrible et formidable. 
«Que voulez-vous de moi ?» demanda-t-il dans un murmure indistinct. Seul le martèlement de l'eau sur le sol boueux lui répondit. L'être s'approcha encore, s'agenouilla à son tour, et riva ses yeux aux siens tout en incisant d'une griffe acérée la chair tendre recouvrant la jugulaire qui battait au rythme d'un cœur affolé. Le sang, écarlate, se mit à perler puis se fondit sur la peau mouillée en un ruisseau rosé. Ael soupira, respirant le parfum d'éternité qui l'entourait maintenant. Tandis que la bouche froide de son destin venait s'abreuver à son cou, il ferma les yeux et s'abandonna au royaume de l'inconscience.